La proposition artistique

Je ne scay comment je dure”, Poésies de l’espace non tempéré, chansons, est un spectacle où la musique chemine avec la langue dans un espace clos où se meuvent quatre personnages, musiciens conteurs.

Les poèmes de Catherine Macé, soutenus par les sonorités d’instruments particuliers tels le Cristal Baschet et le Hammered Dulcimer, racontent au travers d’ histoires quotidiennes, une vision de la féminité.

Le choix de l’instrumentation proposée plonge le public dans une atmosphère de transe poétique.

Catherine Macé, mise en scène par Philippe Languille, alterne diction et musique. Elle accompagne au saxophone soprano, la contrebasse de Maxime Boyère et le Cristal Baschet de Loup Barrow, mêlant musique baroque et actuelle.

Les lumières de Sébastien Bouclé sont créées en écho à l’émotion de la représentation. Elles projettent sur des tissus suspendus, des silhouettes dessinées par l’illustrateur Guix, des détails des corps, des visages et des instruments des artistes. Elles suspendent la gestuelle artistique, l’arrondissent, l’offrent au public en une oeuvre délicate.

Les musiciens, soulignés par un halo de couleur, se détachent de ce mur de lumières, flottent dans l’espace, invitant à une traversée des sens.

De cette interaction entre la lumière, la musique et les mots, naît une atmosphère unique à chaque représentation.

Ce spectacle de poésies et de chansons fait écho à un travail mené depuis 2 ans autour de poésies dont elle est l’auteure : « Le fil à voix » avait invité 53 femmes de la région Bretagne a participer à un exposition sonore et visuelle (www.lefilavoix.fr).

La résidence prévue au Théâtre du Vieux St Etienne du 14 au 28 mai 2012 est une première étape de travail vers une création définitive en 2013.

Je ne sçay comment je dure,
Car mon dolent cuer font d’yre
Et plaindre n’oze, ne dire
Ma douloureuse aventure.
Ma dolente vie obscure,
Rien, fors la mort ne désire;
Je ne sais comment je dure.
Et me faut, par couverture,
Chanter que mon coeur soupire
Et faire semblant de rire;
Mais Dieu sait ce que j’endure.
Je ne sais comment je dure.

Christine de Pisan (1365 – 1431)


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